Calculer les droits de douane
Estimez ce qu'une expédition coûte en droits de douane : le taux attaché au code marchandise, appliqué à la valeur en douane, avec le pays d'origine pris en compte. Gratuit, sans compte. Le résultat est une indication sur laquelle chiffrer, pas une décision douanière.

- Valeur en douane
- € 10.970,00
- Droits d'importation (4.7%)
- € 515,59
- TVA a l'importation (21%)
- € 2.411,97
- Total a payer
- € 2.927,56
En euros. Une indication, pas une decision douaniere. Cherchez le taux dans le tarif par code marchandise et pays d'origine; les droits antidumping et les quotas y figurent aussi.
Que calcule exactement cet outil ?
Les droits de douane ne sont pas un montant fixe par expédition. C'est le taux attaché au code marchandise, appliqué à la valeur en douane de ces marchandises. Vous saisissez le code marchandise, le pays d'origine et la valeur, et l'outil recherche le taux correspondant à cette combinaison puis calcule le montant. La plupart des taux sont ad valorem, un pourcentage de la valeur. Il existe aussi des droits spécifiques, un montant par cent kilogrammes, par litre ou par pièce, et des taux composés où les deux s'appliquent ou où un plancher et un plafond encadrent le résultat. C'est sur les produits agricoles que vous rencontrez le plus souvent cette forme. Si un droit spécifique s'applique, l'unité de calcul n'est pas la valeur mais le poids net ou le nombre de pièces, et c'est alors l'exactitude de votre packing list qui détermine le montant. Calculez par nature de marchandise et non par expédition. Une palette contenant trois articles relevant de trois positions différentes donne trois calculs que vous additionnez ensuite. Appliquer un taux moyen au total de la facture produit un chiffre qui ne veut rien dire.
Quels coûts entrent dans la valeur en douane ?
Le taux est une moitié de l'équation, la valeur en douane est l'autre. En règle générale il s'agit de la valeur transactionnelle : le prix payé ou à payer pour les marchandises, majoré des frais jusqu'au lieu d'introduction dans l'Union. Le fret et l'assurance jusqu'à la frontière extérieure comptent donc, même s'ils ne figurent pas sur la facture commerciale. Ce qui se produit après l'introduction n'y entre pas. Le transport à l'intérieur de l'Union, le montage, l'entretien, les droits eux-mêmes et la TVA restent en dehors de la valeur, mais uniquement si ces frais ressortent distinctement de la facture ou du contrat de transport. Si tout est englobé dans un seul montant, la douane n'accepte pas la déduction. Quelques postes sont systématiquement oubliés. Les emballages en font partie. Les matières que l'acheteur a fournies gratuitement au producteur aussi. Les redevances qui conditionnent la vente également, et celles-ci figurent rarement sur la facture commerciale car elles passent par un contrat séparé. Si vous ne saisissez que le montant facturé, vous calculez trop bas, et lors d'un contrôle a posteriori c'est exactement là que tombe le redressement.
Pourquoi le taux change-t-il selon le pays d'origine ?
Le même code marchandise ne donne pas partout le même taux. Le taux pays tiers est le point de départ, mais lorsque l'Union a conclu un accord commercial avec le pays d'origine, un taux réduit ou nul s'applique dans ce cadre. C'est pourquoi l'outil demande le pays d'origine et non le pays d'expédition. Un produit chinois qui part d'un entrepôt en Suisse a une origine chinoise et une provenance suisse, et le taux suit l'origine. Vous n'obtenez un taux préférentiel qu'avec une preuve valable au moment de la déclaration : un EUR.1, une déclaration d'origine sur facture, ou une attestation d'origine d'un exportateur enregistré dans REX. Sans cette preuve vous payez le taux normal, même si le produit satisfait matériellement aux règles d'origine. Ne partez donc pas du principe que le taux nul affiché ici sera le montant de votre déclaration. N'intégrez la préférence à votre chiffrage qu'une fois certain que le document existe et que le fournisseur continuera à le fournir pour chaque expédition. L'importateur qui revendique la préférence est celui chez qui le redressement est opéré si la preuve se révèle non valable.

Droits de douane, TVA à l'importation et accises sont trois montants distincts
À l'importation, vous payez rarement les seuls droits de douane. La TVA à l'importation s'y ajoute dans presque tous les cas, et sur l'alcool, le tabac et les huiles minérales les accises également. Ces trois prélèvements ont chacun leur propre base et vous ne pouvez pas les additionner en un seul pourcentage. C'est l'ordre qui surprend. La TVA n'est pas calculée sur la valeur en douane mais sur la valeur en douane augmentée des droits, des accises éventuelles et des frais de transport jusqu'au premier lieu de destination dans le pays d'importation. Le droit devient donc une composante de la base de la TVA. Un taux plus élevé vous coûte deux fois. Pour la TVA, il s'agit par ailleurs le plus souvent d'une question de trésorerie et non d'un coût. Avec une autorisation de report, vous reportez la TVA à l'importation sur votre déclaration périodique et n'avez pas à l'avancer à la frontière. Les droits de douane ne se reportent pas et ne se déduisent pas. Ce que vous y estimez mal reste de la marge perdue.
Le droit antidumping peut éclipser le taux ordinaire
Le taux attaché à un code marchandise ne dit pas toujours tout. Certains produits de certains pays supportent un droit antidumping ou un droit compensateur, généralement un multiple du taux ordinaire. Une expédition encore rentable au taux pays tiers devient invendable. Ces droits ne dépendent pas du seul code marchandise. Ils s'appliquent par pays d'origine et souvent par producteur, et vous ne trouvez le bon montant qu'avec le code additionnel TARIC de ce producteur. Deux expéditions portant le même code et venant du même pays peuvent donc aboutir à des montants différents, selon qui a fabriqué la marchandise et selon que ce producteur est nommé ou non dans le règlement. Avec un nouveau fournisseur ou un nouveau flux, regardez donc toujours au niveau des mesures et pas seulement au niveau du taux. Conservez la preuve du fabricant dans le dossier, car lors d'un contrôle a posteriori c'est ce document qui détermine si le pourcentage bas ou le pourcentage élevé s'appliquait. Sans lui, l'expédition retombe sur le droit résiduel prévu pour tous les autres producteurs.
Pourquoi un taux juste le matin ne l'est plus l'après-midi
TARIC est mis à jour quotidiennement. Les mesures commencent et prennent fin à une date, les suspensions sont prolongées ou ne le sont pas, et un nouveau règlement peut instaurer un droit du jour au lendemain. Un calcul vaut donc pour le jour d'acceptation de la déclaration, pas pour le jour où vous l'avez fait. Les contingents tarifaires accentuent le phénomène. Dans un contingent, un taux réduit s'applique jusqu'à épuisement d'une quantité donnée, après quoi le taux ordinaire revient. L'attribution se fait dans l'ordre d'acceptation des déclarations, et sur un contingent serré cela se joue en quelques heures. Vous pouvez importer le même produit au taux contingentaire le matin et plus du tout l'après-midi. Intégrez cela au chiffrage remis à votre client. Sur les contingents serrés, calculez au taux ordinaire et traitez la réduction comme un gain éventuel plutôt que l'inverse. Celui qui promet fermement le taux contingentaire finit par payer la différence lui-même.
Ce que cet outil ne fait pas
L'outil calcule avec le code marchandise que vous saisissez. Il ne détermine pas quel code est correct, et c'est précisément ce point qui fait débat dans la plupart des litiges avec la douane. Le classement découle des règles générales, des notes explicatives et de la nature du produit, pas d'un champ de recherche. Si vous voulez une certitude sur le code, le renseignement tarifaire contraignant est l'instrument adapté. Vous le demandez à la douane, il est valable trois ans et il lie aussi bien vous que les autorités douanières dans toute l'Union. Sur un flux coûteux ou durable, il se rentabilise, car un redressement portant sur trois ans de déclarations représente un multiple de l'effort de la demande. Et cela va sans dire, mais nous le précisons quand même : le résultat obtenu ici est une indication. Ce n'est pas une décision douanière, il n'en naît aucun droit et la douane n'y est pas liée. Le montant qui compte est celui figurant sur la déclaration acceptée.